La Commune du Locle va payer ses employés en grève!

Manifestations du 14 juin- grève féministe

Le PLR-Le Locle est sensible aux inégalités, et notamment aux inégalités inadmissibles entre femmes et hommes. Il peut soutenir certaines revendications liées à la manifestation du 14 juin prochain. Le Conseil communal prévoit de payer son personnel qui participera à la grève du 14 juin que cela soit au Locle, à Neuchâtel, à Berne ou ailleurs.

Le PLR est d'avis que la grève des employées et employés communaux ne peut pas être financée par les contribuables! D'autant plus que l'exécutif souhaite augmenter les impôts.

Vous trouverez ci-dessous l'intervention du groupe libéral-radical lors de la séance du Conseil général du 2 mai 2019:

Le groupe PLR peut bien évidemment adhérer à plusieurs des points soulevés tels que l’inégalité des rémunérations, même si, fort heureusement, La Ville du Locle pratique déjà l’égalité salariale entre hommes et femmes. Quant au harcèlement, de quelque sorte qu’il soit, il est bien évidemment inacceptable. Toutefois, il nous semble que le terme de grève implique une cessation volontaire de travail dans le but d’attirer l’attention d’autrui sur une situation ou des revendications. En ce sens, il s’agit d’un acte militant qui, même dans le cadre d’une grève licite, implique une part « de rébellion ». Le fait de rémunérer les femmes qui participeront à la grève du 14 juin prochain comme si elles avaient travaillé toute la journée« normalement » n’irait-il pas à l’encontre de cette notion de grève ? Cela n’impacterait-il pas la signification du geste fourni par ces femmes qui sont prêtes à se battre et faire entendre leur voix pour parler de leurs déceptions et leurs désillusions ?

La grève étant un acte volontaire, il nous paraît pertinent que chacun puisse décider librement d’y prendre part, et ceci sans risque de représailles. Cependant, nous estimons que les femmes qui décident de faire grève doivent prendre cette journée sur leurs jours de congé. Ceci appuiera leur démarche en montrant qu’elles sont prêtes à concéder quelque chose pour revendiquer leurs opinions. Dans le cas où cette journée serait payée, elle ferait passer la « grève » pour une «manifestation » féminine, enlevant à cette première toute la symbolique qui s’y attache. Par ailleurs, cela permettrait d’étayer la véracité de la démarche afin qu’il ne puisse pas y avoir de doute sur la manière dont la journée payée, mais non-travaillée, a été occupée.

Certaines alternatives seraient également possibles, pour manifester son soutien à cette grève, comme débrayer une heure sur son lieu de travail par exemple. D’autre part, nous ne voyons pas l’intérêt d’octroyer un jour payé pour cette grève aux hommes. Ceci, non qu’ils ne soient pas concernés par cette thématique, mais car toutes les affiches ou les flyers relayant la grève, possèdent un astérisque stipulant que cette grève est ouverte à, je cite « toute personne qui n’est pas un homme cisgenre, c’est-à-dire un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance ». Autrement dit, seules les femmes ou toute personne se considérant comme telle, peuvent participer à cette action. Elles désirent avoir l’exclusivité et être au centre de ce mouvement. Cette nonmixité
suscite quelques interrogations, voire incompréhension, mais nous enprenons acte.
Une raison supplémentaire, qui à nos yeux, confirme qu’il n’est pas favorable d’offrir les heures, voire la journée à toute personne désirant participer à cette grève est qu’une telle action pourrait porter à conséquence lors de futures grèves. En effet, qu’en est-il des revendications pour le climat, celles de infirmières ou des enseignants par exemple ? Pourquoi les personnes voulant participer à de telles grèves ne seraient-elles par aussi soutenues par la commune ?
Finalement, qu’en sera-t-il du fonctionnement de la Ville du Locle si une forte proportion de ses employé(e)s communaux désirent se joindre à la grève ?
Quelles seront les conséquences directes d’une journée comme celle-ci au niveau financier mais aussi pour les services à la population ?

Faudra-t-il annuler les mariages prévus car l’officier d’état civil sera absent, fermer la piscine par manque d’effectif, ainsi que les musées, etc. ? Il ne faut pas non plus négliger le fait, qu’au-delà du coût engendré par une journée payée et non travaillée pour la commune, s’ajouteront les éventuelles pertes de rentrées à ces différents services. Ceci est d’autant plus surprenant que, dans l’état actuel des finances de la commune, celle-ci soit prête à offrir un jour non-travaillé mais payé à plusieurs, voire l’ensemble, de ses collaborateurs. Ceci n’est pas en adéquation avec la demande d’augmentation des impôts. En effet, si nous imaginons que la moitié des collaborateurs décident de faire grève, le coût pour la Ville se monterait à environ 38'500.- Ce montant est, comme vous pouvez le constater, non négligeable.


Le groupe PLR se permet donc d’attirer votre attention sur ce genre de « locloiserie », puisque quelques communes seulement proposent une telle alternative pour la journée du 14 juin prochain. En choisissant de ne pas payer automatiquement cette journée aux personnes ayant fait le choix de prendre part à la grève et qui, de ce fait, prendraient sur leurs jours de congé pour s’y rendre, nous estimons que des économies non négligeables pourraient être réalisées. Notre groupe est tout à fait ouvert à ce que les personnes souhaitant participer d’une manière ou d’une autre à cette grève puissent le faire librement et sans aucunes représailles. Toutefois, pour toutes les raisons qui viennent d’être énoncées, il ne trouve pas souhaitable que cette journée soit offerte au gréviste.


Nous vous remercions pour votre attention.

Pour le PLR, Corinne Schaffner.

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